La solitude chez le chien

À l’arrivée d’un chiot, il y a énormément de nouveautés et de choses à gérer. L’apprentissage de l’indépendance et de la solitude n’est pas forcément celui auquel on songera en premier et, pourtant, il n’est certainement pas à prendre à la légère. Loin de là.
Réussi, il vous permettra de partir l’esprit tranquille, en laissant un chien bien dans ses pattes derrière vous. Négligé ou raté, cela pourra parfois vite se transformer en cauchemar, avec un chien qui présentera des troubles comportementaux (malpropreté, aboiements intempestifs, destruction, etc.), vous faisant redouter la moindre absence de votre part.

• POURQUOI est-ce si essentiel ?

Tout bonnement parce qu’après avoir perdu tous ses repères, en quittant l’élevage et sa fratrie, vous allez très vite devenir le point d’ancrage de votre chiot.
Une simple et brève disparition de son champ de vision de votre part pourra devenir une source de stress et d’anxiété pour lui. Il faut donc lui apprendre à gérer tout cela au mieux et ce, dès son arrivée chez vous.

• COMMENT y parvenir ?

Comme d’habitude : progressivement et en douceur !

Pour cet apprentissage -ou encore pour celui de la propreté par exemple- prendre quelques jours de vacances à l’arrivée de votre nouveau compagnon est fortement recommandé.
En effet, en plus de vous laisser tout loisir de faire connaissance avec lui, cela vous permettra également de pouvoir mettre en place une courbe d’apprentissage avec une difficulté nettement plus progressive que si vous deviez reprendre le travail dès le lendemain. L’exercice s’avèrera même particulièrement périlleux dans ce dernier cas, pour ne pas dire franchement casse-gueule puisque vous serez forcément obligés de bâcler.

– Étape 1 :

Tout débute chez vous… en poursuivant tout simplement votre vie, comme à votre habitude.
Ainsi, en vaquant à vos occupations quotidiennes, en ignorant votre chiot et en ne répondant pas tout le temps à ses nombreuses demandes d’attention, il commencera à intégrer naturellement ce concept de solitude.

Ensuite, en changeant de pièces régulièrement et en prenant soin de fermer la porte derrière vous, pour quelques secondes seulement (3 ou 4 secondes à peine au début). Cela créera une mini-séparation et, vu que la durée sera extrêmement courte, il n’aura pas le temps d’angoisser. En répétant l’exercice suffisamment (20 ou 30 fois par jour par exemple), cela deviendra vite quelque chose d’anodin à ses yeux, ce qui est le but de cette approche.

– Étape 2 :

On reprend les bases de la première étape, sauf que l’on applique ça à la porte d’entrée : donc, vous sortez et rentrez aussitôt dans votre appartement, toujours sans prêter attention à votre chiot et en répétant l’exercice de nombreuses fois.

Ensuite, lorsque vous voyez qu’il est suffisamment à l’aise avec ces micro-absences, vous allongez la durée : 5, 10, 30 secondes, pour passer ensuite à 2, 5 ou encore 30 minutes, etc, jusqu’à pouvoir vous absenter plusieurs heures, avec succès.

Point important : tout au long de cet apprentissage, il est essentiel que votre chiot soit toujours dans sa zone de confort, sans stress et détendu. S’il pleure, c’est que vous êtes allés trop vite. Rien de grave -et ça arrivera probablement- mais il vous faudra alors revenir en arrière.

« Oui, mais moi je l’ai laissé pleurer et ça a marché »

Je l’entends souvent. Ok, mais c’est un peu comme dire qu’on a gagné à Docteur Maboule, en chopant les os alors que le truc sonnait dans tous les sens et que le nez rouge du patient n’arrêtait pas de clignoter. C’est possible en effet… mais ce n’est pas vraiment ça l’intérêt du jeu en fait.
Encore une fois, le but est de faire en sorte que votre chiot ne ressente aucune anxiété lors de vos absences. Bref, tout l’inverse d’un chiot qui pleure car, non, ce n’est pas un caprice, une tentative de vous faire un chantage au sentiments ou je ne sais quoi encore : c’est une vraie détresse qu’il ne faut pas ignorer. De plus, s’il est anxieux, votre chiot n’apprendra rien.

• Trucs & ASTUCES :

– S’assurer que ses dépenses physiques (balades) et mentales (jeux de réflexion par exemple) soient comblées. Un chiot épanoui et équilibré sera bien entendu plus calme et donc moins sujet à l’anxiété de séparation.

– Lui trouver des occupations. Kongs fourrés, cordes frottées avec un morceau de jambon au préalable, oreilles de porc, sabots de veau, jouets, etc : variez les plaisirs et faites-les tourner afin de maintenir l’effet nouveauté.
Attention cependant à ne pas laisser votre chiot seul avec un jouet ou une friandise sans savoir comment il se comportera avec. Vérifiez avant, en votre présence, la façon dont il interagit avec, le mordille ou le mange, afin d’être sûr qu’il ne pourra pas se blesser ou s’étouffer.

– Éviter les rituels. Si, par exemple, vous avez l’habitude de mettre systématiquement vos chaussures et votre manteau juste avant de partir, votre chiot repèrera très vite ce petit manège et commencera à angoisser avant même que vous ayez passé le seuil de votre porte. Donc, parfois on met ses chaussures et on ne sort pas, parfois on sort en prenant son manteau rapidement et on le met une fois dehors. Bref, on brouille les pistes.

– Sortir de chez soi rapidement si possible. Cela rejoint un peu le paragraphe précédent : si vous mettez quinze ans à vous préparer, à faire des allers et retours depuis la porte d’entrée parce que vous oubliez des trucs à chaque fois, etc, votre chiot va commencer à flipper.

– Ignorer en partant et en rentrant. Quelques minutes avant votre départ, ignorez votre chiot et même chose lorsque vous rentrez chez vous : des adieux larmoyants ou des fêtes de retrouvailles ne feront que marquer le côté exceptionnel et anormal de vos absences, tout ce que l’on cherche à éviter.

• Ce qu’il ne faut PAS faire :

– Le laisser en détresse en se disant, ça passera. Ok, ça passera peut-être avec certains chiots. Avec d’autres, ça vous coûtera un canapé, un mur ou une porte à refaire, voire un mot des voisins sur votre porte qui n’en peuvent plus des aboiements.

– Utiliser une cage. Ça, c’est l’ânerie suprême, la grande spécialité outre-Atlantique et de toutes les faignasses de la Terre en général : mettre le chiot dans une cage. Non, la cage n’est pas un outil d’apprentissage et n’est pas destinée à ce qu’un chien y passe plusieurs heures tous les jours.
Votre appartement ne vous parait pas assez sûr pour votre chiot en votre absence ? Prenez un grand parc à chiots de plusieurs mètres carrés dans lequel il pourra évoluer librement, se reposer mais aussi se dégourdir les pattes, avoir accès à son eau, sa nourriture et ses jouets, tout en gardant à l’esprit que cette solution ne pourra être que temporaire.

– Insister alors que vos absences sont mal vécues. Votre chien montre déjà des signes d’une mauvaise tolérance à la solitude ? Il détruit ou fait ses besoins chez vous en votre absence alors qu’il est propre par ailleurs ? N’attendez pas avant d’agir et rapprochez-vous d’un éducateur qualifié pour vous épauler.

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Voilà. En espérant que ce petit article vous sera utile. N’hésitez pas à poser des questions si vous en avez !

Bonne soirée 😉

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