Restreindre l’accès à l’eau à son chien, la nuit : sérieusement ???

Bonjour, je vais revenir au fur et à mesure sur quelques sujets qui me tiennent à coeur, certains, je ne comprends pas qu’il faille les expliquer tellement c’est du bon sens (mais plus le temps passe, plus le bon sens est battu, écrasé par l’exigence, l’intérêt personnel).
Aujourd’hui, je vais vous parler de l’eau. Ou plutôt, la restriction d’eau dans un but éducatif.
Conseil déjà lu sur le groupe d’éducation en méthodes respectueuses où je suis (et ailleurs aussi, notamment de par des vétérinaires, éducat … euh pardon, charlatans, etc) : enlever la gamelle d’eau à son chiot ou chien pour qu’il ne fasse pas pipi la nuit.
Je trouve ça extrêmement triste mais surtout choquant de conseiller ou de le faire soi-même, de priver un être-vivant d’un besoin VITAL !!
L’eau est aussi importante que de respirer de l’air !! Et c’est bien plus important que la nourriture, dans le sens ou un chien peut vivre des semaines sans manger, mais il ne peut vivre plus de 3 jours sans boire !
Et l’un comme l’autre, priver de nourriture ou d’eau dans un but éducatif, c’est de la maltraitance !!
Franchement je trouve que ça fait tellement esclave !! Pas vous ?
Tu boiras/mangeras quand tu sauras faire telle chose ou que tu auras fais telle chose !
Vous imaginez restreindre un enfant de boire pour qu’il évite de faire pipi dans son lit la nuit ?? Oh “pardon” … une personne m’a rappelée récemment que c’est un conseil donné, qui circule, donné notamment par des médecins, notamment des pédiatres … oO
La majorité des problèmes rencontrés entre l’humain et le chien, est le manque de respect d’au moins un besoin du chien : besoin physiologique (donc vital) : boire, manger, respirer ; besoin de sécurité : évoluer dans un environnement où l’animal est en confiance, avec des repères : pas de réprimandes ni violences physiques, etc, donc qui lui fasse ressentir peur(s) et/ou douleur(s) ; besoins sociaux, besoins d’occupation (dépenses psychologiques, physiques), besoins cognitifs : que ses sens soient stimulés, réfléchir, choisir, etc.
Donc pour en revenir à ce conseil tellement irrespectueux et intolérable.
Quand vous demandez conseil et que vous obtenez une réponse, vous posez-vous la question des conséquences physiques et psychologiques sur votre chien ?
Conséquences physiques et psychologiques du manque d’eau :
-> conséquences sur la santé :
– déshydratation plus ou moins importante (attention : la déshydratation sera plus rapide si il fait plus chaud que d’habitude : chauffage ou température extérieure. Attention donc au coup de chaleur ! Ne pas négliger le critère de l’alimentation sèche qui augmente le besoin d’hydratation) ;
– diminution de la régénération des cellules du corps ;
– augmentation du risque de calculs rénaux ;
– maux de tête ;
– constipation ;
– insuffisance rénale ;
– le manque d’un besoin vital provoque un stress de plus en plus important selon le temps à attendre d’avoir à nouveau accès à l’eau ;
– etc …
-> conséquences possibles sur le comportement :
– prise d’eau en trop grande quantité et/ou trop vite. Conséquences : étouffement, régurgitation, distorsion d’estomac, diminution du temps de se retenir, risque qu’il se soulage en laissant une grosse flaque chez vous !
– réactivité vis-à-vis de la gamelle d’eau : en restreignant votre chien l’accès à l’eau, vous lui apprenez qu’il ne peut boire quand il en ressent le besoin et que c’est donc une ressource à défendre pour sa survie. Pour cette ressource ou plus généralement dans le quotidien, cela peut créer des comportements anxieux !
En 3-4 ans sur un groupe d’éducation en méthodes respectueuses, je ne me souviens pas avoir vu un post qui parlait de réactivité de la gamelle d’eau … ou très rarement, contrairement à la gamelle de nourriture … très probablement parce que dans quasi tous les foyers, l’eau est laissée à volonté, contrairement à la nourriture (à volonté ou toujours à disposition, si le chien ou la chienne mange une ration sur toute la journée ou 1/2 journée, si 2 repas par jour).
Réfléchissez 2min (minimum 😀 ) : vous pensez réellement que nous sommes quasi tou.te.s passé.e.s par là en privant nos chien.ne.s de boire la nuit pour leur apprendre à faire leurs besoins uniquement dehors ??? oO
Vous êtes loin de la réalité si vous pensez cela !

Rendre son chiot ou son chien propre
Cette notion est différente entre la vision de l’humain et celle du chien :
Pour le chien, être propre, c’est faire ses besoin en dehors du coin où il dort.
Pour l’humain, un chien propre est un chien qui fait en dehors du logement de l’humain.
Pour rendre son chien ou sa chienne propre, la théorie n’est vraiment pas compliquée, ce qui vous fera réussir le plus rapidement repose sur 5 notions clés :
– de l’observation
– de l’anticipation
– de la cohérence
– de la constance
– de la patience
L’apprentissage de la propreté est un travail de fond. Si un élément n’est pas respecté, cela peut allonger la durée d’apprentissage. Si plusieurs notions ne sont pas respectées, cela allongera considérablement la durée d’apprentissage, voire qu’il ne comprenne pas ce que vous souhaitez lui enseigner et que vous vous retrouviez avec un chien de 1 an, 2 ans, voire plus, toujours pas propre !
Voici comment rendre un chiot/chien propre :
– un critère qui aide beaucoup à enseigner la propreté à un chiot ou nouveau un chien adulte à son arrivée chez vous, c’est que vous ayez prit une semaine de vacances pour l’accueillir ou que vous soyez en vacances. Ça va permettre au chien de mieux prendre ses repères et d’apprendre les comportements désirables si vous êtes là que si vous ne l’êtes pas, c’est logique … Il ne pourra pas apprendre ce que vous attendez de lui si vous n’êtes pas là pour renforcer ses bons comportements et le guider vers un comportement désirable s’il fait quelque chose que vous ne souhaitez pas. Cela évitera donc qu’il soit livré à lui-même.
– proposez une balade à votre chiot toutes les 2h (attention : durée et distance des balades selon l’âge et l’état de santé du chiot. Respectez son rythme : ne jamais le forcer à avancer ! Donc on ne tire pas son chiot (enfin on ne tire pas un chien de toute manière !). Il a besoin de temps pour observer son environnement, explorer, faire son encyclopédie olfactif. Le contenu de la balade est beaucoup plus important que la distance !). Il en va de sa santé mentale. Un chien forcé à avancer, à interagir, développera des peurs, car son espace de confort, son rythme, n’auront pas été respectés (j’y reviendrai dans un autre article à ce sujet). À 2-3 mois, la majorité des chiots ne sont pas en capacité de se retenir plus longtemps. La vessie étant un organe musculaire … laissez-lui le temps de la muscler. 😉
– avant de faire ses besoins, le chiot/chien cherche le bon endroit : il renifle le sol. En observant ce comportement, proposez une sortie afin d’anticiper ses besoins chez vous.
– un chiot a toujours envie de faire ses besoins après : repas, sieste, activité. De quoi anticiper et le guider vers la bonne voie.
– pour la nuit : dernière sortie le plus tard possible et 1ère sortie le plus tôt possible ou bien proposer une sortie dans la nuit. Lorsque le chien dort (c’est pareil chez l’humain hein), le fonctionnement de l’appareil urinaire est ralenti. Un chiot peut alors se retenir 4-6h.
– récompensez tout besoin fait à l’extérieur (récompense alimentaire, verbale ou gestuelle. Attention : ce qui peut vous paraître être une récompense pour votre chien, ne l’est pas forcément. Dans ce cas-là, ça ne renforcera pas son comportement.) à la seconde où il finit, de façon à ce qu’il associe ses besoins à la récompense, ce qui lui apporte davantage de satisfaction que de faire à la maison, ce qui lui apprendra que c’est plus sympa pour lui de faire dehors que dedans. Pensez à sourire, le chien comprend davantage notre langage corporel que notre langage verbal, il y fera donc davantage une association positive. 😉
– surtout surtout L’ERREUR À NE JAMAIS COMMETTRE : RÉPRIMANDER un besoin fait à la maison, peu importe que vous l’ayez prit sur le fait ou non, ça ne fera aucune différence pour lui : votre comportement sera interprété comme menaçant, de par votre langage corporel et verbal qui lui feront peur ! D’où cet « air de chien battu » ou bien « comportement montrant qu’il «  » »sait » » » que ce n’est pas « bien »/qu’il a fait une « bêtise ». Cela ne lui apprendra pas à être propre plus rapidement (surtout que souvent, il ira évacuer sa peur en partant faire ses besoins en se cachant ! Voilà la cause du chiot qui ne fait pas ses besoins dehors, se retient et se soulage dès que vous rentrez chez vous : bien des chiots ont associés la présence de l’humain à la réprimande des besoins (association négative lorsqu’il s’est fait réprimander alors qu’il faisait ses besoins). Donc le chiot ne veut plus faire ses besoins en présence de son humain PAR PEUR de la réprimande. Son besoin de sécurité n’est alors pas comblé, des comportements d’agressivité peuvent apparaître pour se défendre d’une agression.
– 2ÈME ERREUR À NE JAMAIS COMMETTRE : PRENDRE PAR LE COU ET/OU SECOUER (en hurlant comme un putois!) !! Méthode pour terroriser n’importe quel être-vivant, le comble de la violence psychologique et physique! Ce(s) geste(s) est(sont) une(de) véritable(s) agression(s) pour laquelle (lesquelles) votre chiot se défendra ou tentera de fuir, car en langage chien, c’est un message très fort … de mise à mort !!!

Oh et ne gâchez pas votre énergie à lui montrer son besoin avec votre doigt pour « lui faire comprendre de quoi vous parlez » … il va seulement voir que vous lui montrez un pipi … comment pourrait-il comprendre que le problème est la PRÉSENCE de ce pipi, à cet endroit et non dehors ??
Le chien est très intelligent et a des capacités incroyables, quand on apprend à le connaître, mais … pour comprendre le message que vous tentez de lui transmettre, faudrait peut-être qu’il comprenne le français, non ?!
En étant patient.e, cohérent.e et constant.e, en lui laissant le temps d’apprendre, que ça prenne 2 semaines, 2 mois, 4 mois, et en suivant chaque jour ce qu’il faut faire pour lui enseigner la propreté, vous mettrez votre chien sur la voie de la réussite, vous lui donnerez confiance en vous et en lui.
Attention, il peut arriver des petits accidents, des ratés, c’est normal ! Il est en train d’apprendre, ça ne peut donc pas être parfait ! 😉
Le temps des apprentissages dépend de bien des critères : développement du chiot, caractère, environnement dans lequel le chiot évolue, méthode d’éducation, etc …
Donc ça ne sert à rien de comparer votre chiot à votre autre chien ou à un chien que vous avez eu, ou le chiot de quelqu’un d’autre, ou à des chiens de la même race, etc ! Ça ne sert à rien hormis … vous mettre la pression, vous frustrer, vous stresser !
Acceptez le chiot que vous avez accueilli, comme il est, et concentrez-vous sur cet apprentissage, au jour le jour.
Voilà, je pense avoir fait le tour du sujet.

Je profite de cet article pour faire un rappel de quelques lois et réglementations en vigueur :
Le propriétaire ou le détenteur d’un animal, en est responsable, civilement et pénalement. Il est donc bon d’avoir connaissance de ses droits et devoirs.
Code rural

Article L214-1 : Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.
Article L214-3 : Il est interdit d’exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques […].
Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie
Chapitre II, article 3 : Principes de base pour le bien-être des animaux
Nul ne doit causer inutilement des douleurs, des souffrances ou de l’angoisse à un animal de compagnie.
Chapitre II, article 4 : Détention
Toute personne qui détient un animal de compagnie ou qui a accepté de s’en occuper doit être responsable de sa santé et de son bien-être.
Toute personne qui détient un animal de compagnie ou s’en occupe doit lui procurer des installations, des soins et de l’attention qui tiennent compte de ses besoins éthologiques, conformément à son espèce et à sa race, et notamment :
Lui fournir, en quantité suffisante, la nourriture et l’eau qui lui conviennent
Lui fournir des possibilités d’exercice adéquates
Prendre toutes les mesures raisonnables pour ne pas le laisser s’échapper

Juste un dernier conseil : gardez en tête le respect physique et psychologique de l’animal que vous avez accueilli, soyez bienveillant.e avec lui, ça ne sera que plus bénéfique pour une relation mutuelle saine et harmonieuse. 🙂

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